Entrevue avec Me Marianne Saroli

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Devenir avocat n’est pas de tout repos. Le chemin peut être exigeant, stressant, fastidieux, parfois pénible, mais très fascinant. Voilà comment Me Marianne Saroli décrit la route vers la profession. Au lendemain de son assermentation, la jeune avocate a relevé le défi en décidant de se lancer à son compte. Partir à son compte, c’est se lancer en affaires. Qui dit affaires, dit s’entourer de gens innovateurs et compétents.  C’est la voie que Me Saroli a choisi, le choix qu’elle a fait. Après avoir travaillé chez Porsche, Mercedes-Benz et La Queue de Cheval durant ses études tout en faisant des stages dans le milieu juridique, être en affaires est ce qu’elle a considéré comme la meilleure voie. C’est avec plaisir que Me Marianne Saroli a accepté de s’entretenir avec Jurizone.

Jurizone  : Maître Saroli, vous êtes officiellement avocate depuis quelques mois et vous êtes partie à votre compte, pourquoi avoir voulu vous lancer ce défi et vous diriger vers cette option ?

Me Saroli : À la suite de mon assermentation, j’avais le choix de poursuivre ma carrière à titre d’avocate au bureau où j’avais fait mon stage ou de partir à mon compte en me joignant à une étude déjà en place. La seconde option était quelque peu déstabilisante pour une avocate junior, mais il s’agissait d’un beau défi tant personnel que professionnel. Je pouvais ainsi bénéficier du savoir d’avocats plus expérimentés et de conditions avantageuses quant à la répartition des frais d’administration de bureau. De plus, mes collègues me confient régulièrement des mandats, ce qui me permet non seulement d’élargir mes domaines de pratique, mais aussi d’approfondir ma connaissance du droit.

Je ne regrette en rien ma décision, car c’est humainement et professionnellement extrêmement enrichissant.

Jurizone : Avez-vous eu des craintes au début ou avez-vous rencontré des difficultés quelconques ?

Me Saroli : Bien entendu, il s’agissait d’une très grande décision. Partir à son compte est très insécurisant pour une jeune avocate. Or, cette offre comportait son lot de bénéfices et par conséquent, je pouvais difficilement la refuser. On m’offrait la situation idéale, soit l’opportunité de partir à mon compte tout en profitant du support pédagogique et financier d’avocats seniors me permettant de travailler sur leurs dossiers. Je pouvais ainsi acquérir plus d’assurance et d’expérience dans le monde juridique et me bâtir tranquillement une belle clientèle. Ceci dit, je me considère extrêmement choyée d’avoir eu cette possibilité. J’ai la chance de travailler avec des collègues extraordinaires qui sont très présents pour moi et qui savent bien me conseiller à travers toutes mes démarches.

Jurizone : Y a-t-il eu des situations dont vous avez été fière d’accomplir ?

Me Saroli: Je suis fière d’avoir pu défendre les intérêts de clients  pour des dossiers d’aide juridique. Je sens ainsi avoir fait une différence dans la vie des personnes  pour qui l’accès à la justice est très limité et difficile.

Jurizone: Avez-vous des ressources qui vous aident à mener à bien vos débuts ?

Me Saroli:  Comme je l’ai mentionné précédemment, mes collègues sont d’excellents guides et m’offrent une grande aide quant à la gestion de mes dossiers et à l’administration de bureau.

Évidemment, l’astuce lorsqu’on décide de se lancer en affaires est de s’entourer de gens innovateurs et compétents dans leurs domaines respectifs. Pour partir du bon pied, je crois fermement qu’il soit essentiel d’avoir à ses côtés un consultant en affaires et un comptable chevronné. En ce qui me concerne, ces personnes m’ont beaucoup aidé à bien cerner mes priorités et à mettre en œuvre toutes ces idées qui bouillonnaient dans ma tête.

Par ailleurs,  j’ai eu recours à l’expérience du service de démarrage offerte par le Barreau du Québec. Il s’agit d’un service gratuit pour les membres de l’Ordre.  C’est un outil qui m’a été fort utile, car il m’a fournit de bons conseils et m’a mis en contact avec des personnes ressources.

Jurizone : Comment vous êtes vous senti lors de votre assermentation ?

Me Saroli: Il va sans dire que l’assermentation constitue un moment crucial dans la vie de tout avocat. C’est un bel accomplissement et je suis très fière de mon parcours personnel et académique.  Cette journée m’a procuré un grand soulagement et une extrême satisfaction de mon travail accompli.

Jurizone :Pourquoi?

Me Saroli: Le cheminement pour devenir avocat est exigeant, stressant, fastidieux, parfois pénible, mais très fascinant. L’assermentation était donc ma récompense pour tout ce dur labeur et ces efforts enregistrés au cours des dernières années.

Jurizone : Comment voyez-vous votre pratique de tous les jours ?

Me Saroli : Ma pratique du droit est très libérale,  je demeure toutefois une grande passionnée du droit civil et mes compétences s’exercent plus particulièrement dans les domaines juridiques suivants: droit du travail, droit commercial et bien entendu droit civil en général.

Jurizone : De vos études en droit, en passant par l’école du Barreau au stage jusqu’à votre pratique actuelle, comment avez-vous surmonté les défis et comment continuez-vous à les surmonter ?

Me Saroli: Évidemment, une grande différence existe entre les études en droit et l’exercice de la profession. Les résultats académiques n’ont plus vraiment d’importance en pratique. Ce qui importe désormais est notre aptitude à mener efficacement nos dossiers. La pratique me permet non seulement d’enrichir ma connaissance du droit, mais également d’approfondir la compréhension de ma propre personne en tant que juriste.

Les études en droit tout comme la pratique sont en soi exigeantes, il est donc essentiel de faire preuve de persévérance et de détermination. Il importe de garder confiance en soi et en la vie. De plus, il faut maintenir des buts à atteindre tout en s’abstenant de se comparer aux autres.

Par ailleurs, j’impute une partie de mon succès au soutien constant de mes parents, lesquels m’ont toujours aidé à rencontrer mes objectifs à travers mon parcours académique et professionnel.

Jurizone : Vous avez fait vos études à la faculté de droit de l’Université de Montréal. Parlez-nous un peu de l’ambiance qui règne et de la richesse du savoir transmis.

Me Saroli : La Faculté de droit de l’Université de Montréal est très reconnue au Canada et je savais qu’en la choisissant, j’acquerrais une formation solide.  Il y a un bon encadrement et le programme de droit est très bien construit. L’Université de Montréal m’a offert un enseignement pragmatique au travers l’apprentissage des lois, de la jurisprudence et de la doctrine.

Par ailleurs,  le corps professoral de la faculté de droit de l’Université de Montréal a été en soi un facteur déterminant dans mon choix, car il se compose de personnalités réputées dans leur domaine respectif. D’ailleurs, plusieurs des professeurs pratiquent parallèlement le métier d’avocat, mettant ainsi leur expérience professionnelle au profit de leur enseignement. Je me considère donc privilégiée d’avoir bénéficié d’une formation aussi complète, laquelle a été donnée par des professeurs qui ont, non seulement, publié de nombreux ouvrages de doctrine, mais qui, au surplus, sont souvent citées par les tribunaux.

Jurizone : Lors de vos études, vous avez fait plusieurs stages qui vous ont permis de devenir ce que vous êtes aujourd’hui, que ce soit à la clinique juridique de votre université ou à titre de stagiaire auprès d’un juge à la Cour du Québec ou encore dans une firme en pratique privée pour votre stage du Barreau. Parlez-nous un peu des ressemblances et des différences que vous avez vues lors de chacun des stages.

Me Saroli:  L’école nous enseigne comment argumenter, raisonner et synthétiser les concepts juridiques. Toutefois, la pratique a été, pour moi, l’occasion d’évaluer mon interaction avec le droit, ce qui s’est révélé un réel défi.

Au cours de mon baccalauréat en droit, mon implication comme stagiaire au bureau des services juridiques de l’Université de Montréal ainsi que mon travail pratique effectué auprès de l’Honorable Antonio De Michele de la Cour du Québec m’ont permis de développer mes aptitudes pour la recherche, la rédaction de procédures, le travail d’équipe et les exposés verbaux. Ces précieuses expériences vécues auprès d’autres stagiaires et de clients m’ont procuré la certitude d’être prête à m’investir dans le domaine fascinant du droit. Au surplus,  le stage du Barreau m’a permis de parfaire mes techniques de recherche et de rédaction dans plusieurs sphères du droit. J’ai également eu la chance de faire de multiples représentations au Palais de justice, ce qui a contribué à enrichir non seulement mes habiletés à convaincre, mais aussi ma capacité à m’exprimer oralement.

Jurizone : En parallèle à vos études, vous avez beaucoup travaillé dans le service à la clientèle. Vous avez été à l’emploi du restaurant Queue de cheval tout comme chez Porsche et Mercedes-Benz. Comment avez-vous pu tirer des qualités ou de l’expérience qui vous sert dans votre domaine actuellement. ?

Me Saroli: J’ai toujours accordé une importance prépondérante à ma réussite scolaire aussi bien qu’à mon développement personnel. Ainsi, j’ai occupé des emplois à temps partiel durant toute la durée de mes études et de mon stage tout en participant à plusieurs activités. Bien entendu, il s’agit d’endroits prestigieux et je suis honorée d’avoir fait partie de leur équipe. Ces expériences m’ont permis d’acquérir une aisance certaine à communiquer en public, une plus grande ouverture d’esprit et une discipline de travail rigoureuse.

Les clients étaient extraordinaires et être à l’emploi de ces entreprises renommés m’ont permis de tisser un bon réseau de contacts qui, m’a été jusqu’à présent, très utile et précieux durant mon parcours personnel et professionnel. Non seulement, j’y ai fait la connaissance de personnes ressources, mais surtout de personnes ayant des intérêts communs aux miens. J’ai donc profité de cette chance pour cultiver mes relations et demeurer en communication avec certaines d’entres elles. D’ailleurs, j’ai rencontré l’un de mes collèges actuels chez Mercedes Benz, de là l’importance de ne jamais sous-estimer les circonstances, les lieux ni les personnes que l’on rencontre dans notre vie.

Jurizone : Quelles sont les caractéristiques ou les compétences personnelles que devrait absolument développer tout avocat ou toute avocate selon vous ?

Me Saroli : Certes, l’avocat doit être un bon communicateur tout en s’assurant d’être à l’écoute attentive des besoins de ses clients. Au quotidien, tout avocat doit être apte à s’adapter aux changements et faire preuve d’une excellente gestion de son stress. Il se doit d’être précis, efficace et dotée d’une capacité à travailler sous pression et ce, sans que la qualité de son travail n’en soit affecté. Mais par-dessus tout, l’avocat se doit de développer une relation de confiance avec ses clients tout en étant, pour ces derniers, un être qui leur est cordial et accessible.

Jurizone : Comment voyez-vous l’avenir du droit ?

Me Saroli : J’espère sincèrement que le droit de l’avenir sera un droit accessible à tous. Je voudrais voir un système de justice dans lequel une plus grande part du budget réservé au Ministère de la Justice serait dédiée aux services d’aide juridique.

Jurizone : Qu’en est-il de votre avenir dans le milieu. Comment le voyez-vous ?

Me Saroli : Je me vois en tant qu’associée d’un bureau d’avocat offrant des services  juridiques de haute qualité à des prix raisonnables dans une atmosphère humaine et respectueuse. J’espère pouvoir gagner la confiance de clients et les guider dans plusieurs sphères juridiques pendant de nombreuses années.

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